Comment trouver l’esprit fédérateur ?

Comment trouver l’esprit fédérateur ?

11 juin 2017 Litterature 0

Malgré la proximité des peuples grâce aux moyens de communication et de transport, force est de reconnaitre que cette facilité de rapprochement apporte avec elle son lot de mésententes et de conflits violents. C’est pour cette raison que je défends l’idée que le monde actuel a besoin d’un « esprit nouveau ».

Aujourd’hui, chacun reconnait ou pressent en lui un danger qui menace, mais ignore ou n’arrive pas à définir exactement la source du danger. Ce danger, bien que mal défini, domine inconsciemment les esprits. Etant donné qu’il est à la connaissance de tous, on s’attendrait à le désamorcer par l’union des cœurs, mais loin de là, il génère un mode de fonctionnement ou de dysfonctionnement dont les conséquences dramatiques et délétères deviennent incontrôlables.

Les grandes religions, en nombre d’adeptes, comme le Judaïsme, le Christianisme, l’Islam et le Bouddhisme, dans l’histoire de l’homme, ont tenté de faire de l’humain un être d’esprit éclairé. En plus des religions, d’autres systèmes de croyance ou de pensée sont également au service de l’émancipation de l’homme.

A la fin d’une prière canonique dans une mosquée, l’imam annonce aux fidèles le dialogue inter-religieux, initié par les autorités étatiques, auquel tous les croyants de toutes confessions confondues, sont invités. J’ai aussitôt adhéré à cette initiative, afin que tout le monde expose son point de vue pour envisager une cohabitation harmonieuse de tous les croyants dans un espace commun, celui de notre pays qu’est la France. Mais, au sortir de cette rencontre, mon constat est que tous les représentants de toutes ces religions ont un point commun : une très haute opinion de leur religion.

Tous ces émissaires religieux sont venus nous expliquer l’importance qu’accorde leur religion à la dignité humaine. Tous sont unanimes que l’humanité doit à leur religion respective la civilisation et l’humanisme. Si tel est le cas, pourquoi sommes-nous encore en perpétuel conflit ? Et pourquoi toutes ces religions ont en leur sein des intégristes aveugles ? Pour précision, je considère que toutes ces religions ont la même et unique particularité de se mépriser les unes les autres ; toutes prétendent être la meilleure, en terme de philosophie ou de doctrine ; et aucune n’est prête à céder d’un pouce au profit de l’autre. Le problème se situe là ! A partir de ce moment, nous nous trouvons dans l’obligation de chercher la solution du juste milieu. Le vivre mieux ensemble consiste ou nécessite des concessions de parts et d’autres.

Les religions ne constituent pas de problèmes fondamentaux, ceux sont plutôt les dignitaires religieux et leurs adeptes qui croient dur comme fer que leur opinion prévaut au détriment de tout, au détriment de cette dignité humaine qu’ils sont censés respecter selon leurs doctrines. Car, en vérité, toutes ces religions avec leurs vertus, ont apporté leur contribution à la vie spirituelle des hommes.

Il y a quinze ans, je détestais le terme « Islam de France », parce que je le considérais inapproprié et qu’ii n’avait rien à voir avec les principes de la religion dont il s’agit. Mais, après cette rencontre inter-religieuse, je dois avouer mon adhésion au concept, parce qu’il est lié au contexte. Par la suite, avec l’expérience, je comprends que loin de toucher aux cinq piliers de l’Islam, il revient aux musulmans de s’adapter à leur environnement, sans rien changer aux principes mais en les interprétant de façon adéquate. Aujourd’hui, je suis pour « l’Islam de France » dans le sens où le musulman vivant en France doit changer son comportement, à la condition que sa pratique cultuelle, recommandée par le livre saint, reste inchangée, ce qui n’est pas difficile en soi. Il y va de la coexistence paisible de toutes les communautés dans le pays. Dans cette intention, tous les chefs religieux de toutes les confessions devraient avoir pour mission de travailler en vue d’atteindre l’objectif de cohabitation pacifique pour l’expression émancipée des destinées humaines.

L’Islam ne saurait être instrumentalisé, comme à l’heure actuelle, pour motif politique ou pour un quelconque autre but qui s’écarte de la philosophie de paix et de fraternité prônée par la religion elle-même.

 

Cheik Amadou Sylla

Soutenu par Epiderme

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *